L’urgence climmobilière demande une nouvelle lecture des politiques de l’habitat ? Parlons de marchés climmobiliers ?

A discuter avec son entourage, même si celui-ci n’est pas représentatif de l’ensemble de la population, on commence à voir un faisceau concordant d’approches de la question climmobilière…

Par exemple, ce ménage de culture très urbaine qui, pour des raisons familiales, habite en périphérie d’une grande métropole, se disait : « quand les enfants seront autonomes, on se prendra un appartement en centre-ville pour aller au cinéma à pieds ! ». Au-delà du fantasme sur l’autonomie des enfants, qui n’est pas notre sujet, ce même ménage dit aujourd’hui, après un été caniculaire : « Finalement, les 2 degrés de moins par rapport à la ville que nous avons dans notre résidence arborée font vraiment la différence. Et on ne va pas si souvent au cinéma… Enfants ou pas. On reste en fait ! ».

Cet autre ménage qui habite en centre-ville, dans une maison de ville avec jardin. Mais si « la maison est fraîche, même en été », l’espace public l’est beaucoup moins. « Trop minéral. Envie de verdure et de fraicheur à la porte de chez nous… On va sans doute vendre pour partir en périphérie ».

Cette personne âgée qui habite seule dans un T4 traversant. En centre-ville. Dans un quartier qu’elle connait par cœur « Je ne vois plus les noms de rue. Au moins ici je connais. Les commerçants me connaissent ». Son grand logement lui permet d’être mobile, chaque pièce ayant une fonction selon les heures du jour (lecture, sieste, ordinateur, etc…), alors qu’elle peut de moins en moins sortir. Et avec une science calculée de l’aération du logement, elle tourne de pièce en pièce selon l’exposition au soleil. Dans un sens en été. Dans l’autre en hiver. C’est « l’occupation tournesol » !.

L’urgence climmobilière va poser une nouvelle approche de la valeur des logements, des modes d’occupation et des marchés immobiliers. L’aération naturelle du logement ne va-t-elle pas devenir LE point discriminant ? Les logements « moyens de gamme » seront climatisés…, énergétiquement chers. Et les logements mono-orientation vont être encore plus délaissés. Ou correspondre à un choix captif.

Les centre-villes ont du souci à se faire. « Cœur de Ville » se donne-t-il des objectifs d’abaisser la température moyenne ?

Les ménages qui ont le choix dans leur itinéraire résidentiel sont ceux qui « font le marché immobilier ». Et le tire ou non vers le haut. Demain le « marché climmobilier » sera le nouveau juge de paix. Quels nouveaux marchés vont se dessiner dans les agglomérations ?

Je vous propose donc de parler maintenant d’études de marchés climmobiliers. Essayons d’être proactif face à ces changements. Qu’en pensez-vous ?  Des pistes ? Des idées ??

Manuel LOPEZ-NARDIN


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